Agri-Éthique cherche à développer les produits équitables dans les cantines scolaires
Fini la nourriture qui vient du bout du monde dans les cantines scolaires. Depuis que certains conseils départementaux et municipalités ont décidé de bannir les produits venus d’Amérique du Sud dans leurs menus, la question de la souveraineté alimentaire est sur toutes les lèvres.
Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.
La souveraineté alimentaire ne se joue pas uniquement dans les rayons de supermarchés. Chaque jour, elle se décide aussi dans les choix d’achats publics et dans les repas servis à des millions d’écoliers, collégiens, lycéens ou étudiants. Opposés à l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, en janvier 2026, certains conseils régionaux, départementaux ou municipaux ont décidé d’interdire l’achat de produits d’Amérique du Sud pour leurs cantines scolaires.
Les ventes du label Agri-Éthique augmentent de 75 % (02/05/2025)
À l’occasion du Salon international de l’agriculture (Sia), mardi 24 février 2026, Agri-Éthique, premier label français du commerce équitable, a décidé de mettre en lumière une « avancée concrète » pour les cantines scolaires. Deux industriels majeurs de l’agroalimentaire et un grossiste, tous en partenariat avec le label, ont exposé leurs solutions pour proposer des menus qui soutiendraient l’agriculture française.
La restauration scolaire, levier clé de la souveraineté alimentaire
D’après un sondage réalisé par Ipsos-BVA pour le Syndicat national de la restauration collective (SNRC), 76 % des Français considèrent la restauration scolaire comme un maillon essentiel pour l’avenir des agriculteurs en France. Ainsi, ce secteur peut être considéré comme un levier stratégique pour la souveraineté alimentaire. En effet, l’univers scolaire qui va des cantines de maternelle au Crous, représenterait environ 1,4 milliard de repas annuels.
Depuis 2022, avec la loi Egalim, les collectivités sont tenues d’intégrer 50 % de produits durables et de qualité dans leurs menus. Cependant, cette législation ne serait pas respectée dans toutes les cantines scolaires. Selon le ministère de l’Agriculture, seulement 29,9 % d’entre elles seraient dans les règles. Selon Yann Nieul, directeur d’Andros France, « les freins sont connus : le coût ou encore le manque de volume ».
Industriels et grossistes à l’heure d’Egalim
Du côté de Pierre Bidault, directeur commercial chez Bonduelle, son intention est claire : « Notre mission est à la fois tournée vers la pédagogie envers les publics et vers la réponse qui nous est exigée par Egalim ». « Si on veut une alimentation digne de ce nom et de qualité, il faut accepter d’y mettre le prix, note-t-il. En ayant des produits qui ont du goût, ils seront davantage mangés que jetés. » Ainsi, depuis le 1er janvier 2026, la marque a élargi son offre de produits labellisés Agri-Éthique. Elle est passée de 70 à plus de 100 références compatibles avec la loi Egalim.
Dans un contexte de fragilisation de plusieurs filières agricoles, comme celle du lait, le label Agri-Éthique entend bien apporter des réponses « concrètes et durables » à la crise agricole. « La question est de savoir comment on valorise la juste valeur de l’alimentation », lance Yann Nieul, directeur d’Andros France.
Sécuriser les filières agricoles face aux tensions des marchés
En ce début d’année où la filière laitière est confrontée à des difficultés structurelles, l’entreprise agroalimentaire a décidé de se réapproprier son amont laitier. « Notre objectif est double et prend tout son sens dans un marché du prix du lait en tension. Premièrement, le prix bas pratiqué par le marché ne va pas être répercuté sur nos agriculteurs, explique Yanne Nieul. Deuxièmement, nous apportons des solutions adaptées aux besoins des professionnels de la restauration. Avec des produits de qualité issus de l’agriculture française, nous essayons d’éduquer notre jeunesse sur ce qu’elle consomme. »
Du côté des filières blé et œufs, pour répondre à la problématique des pénuries qui ont marqué l’année 2025, le grossiste Sysco France a évoqué des engagements afin de « sécuriser les volumes » ou « assurer des débouchés pérennes ». De ce fait, Pascal France, le directeur du développement commercial de l’entreprise a assuré remplir trois objectifs : « Soutenir les agriculteurs français en amont, accompagner les collectivités en aval dans leurs objectifs Egalim, proposer des produits français ».
Pour Ludovic Brindejonc, directeur du label Agri-Éthique, cette structuration de l’offre des agro-industriels ou grossistes marque un changement d’échelle. Selon lui, « l’équitable français devient accessible, concret et opérationnel pour la restauration collective »
Pour accéder à l'ensembles nos offres :